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29.10.2006
On achève bien les clandos
Il est parfois déroutant de déceler chez nos semblables, des pulsions de suicide collectif, devant conduire au bout du compte à l’anéantissement de toute notion de souveraineté face à des questions relevant simplement de la justice ou même de l’entendement. Il suffit que l’événement franchisse la frontière de l’histoire et de l’origine pour que l’opinion revête la robe du juge, et s’efforce de détruire par l’argument moral, la probité qui doit s’appliquer en temps normal aux questions liées au statut du clandestin devenu sans-papiers, comme pour le déchoir de ses responsabilités d’adulte et faire de lui un individu dans l’attente, privé de son libre arbitre, apparu en France par miracle et non par volonté.
Fabrice Bothereau, poète autoproclamé et militant opportuniste, dénonçant l’injustice à laquelle serait soumis un Nigérian clandestin en France, contribue, dans la rubrique "rebond" de Libération, à faire de l’immigré le sous homme ne pouvant vivre sans l’acte de contrition propre à le rendre à sa liberté (de) sauvage, je veux dire une de ces ombres noires qui ne seraient soumises à aucune loi, puisqu’au dessus de celles qui régissent normalement la citée, donc de la forêt.
En annonçant d’emblé en début de prose : « Qu’a donc fait le sieur Babatundé pour mériter un tel traitement ? Il a tout bonnement refusé d’obéir à la Force Publique, et notamment aux ordres directs qui émanaient de notre Star Nicolas. Tout individu qui refuse d’obéir à la Loi encourt le risque de se retrouver ligoté et menotté », Fabrice Bothereau arrive à prendre le contre-pied de sa défense, en faisant de son pote Baba un voyou en herbe choisissant de se mettre en porte-à-faux avec la justice avant même son intégration, et déplore dans la foulée qu’il ne puisse bénéficier d’une immunité en tant que rebelle, pour avoir bravé la loi.
« Nous l’avons renvoyé dans son pays, […] sa mère ayant été, apparemment, assassinée. Mais une enquête, diligentée par notre Star Nicolas lui-même, a prouvé la fausseté de ces assertions. En plus d’être un étranger, et, par surcroît, anglophone (on parle Anglais au Nigéria) ; le sieur Babatundé est un menteur ! ». Devant l’absence de moralité d’un individu prêt à vendre sa mère à l’opinion publique, afin de bénéficier de son soutien, notre poète trouve plus pertinent de parler à la place d’un raciste de base qui associe l’étranger physique et linguistique, (dans une réminiscence de Fachoda involontaire) au mensonge, qui sera bien évidemment minimisé par son association insupportable avec l’origine de l’auteur. On décèle dans cette stratégie la volonté d’effacer la réalité en la combinant au mythe de l’immigré fourbe qui ne cesse de tromper son entourage. Comme il s’agit d’un lieu commun ; le mensonge ne peut être tenu pour vrai, un peu comme si on réfutait la possibilité à un juif d’être riche, sous prétexte que cela renvoi à une caricature antisémite de base.
Nous arrivons en guise de conclusion à l’apothéose, sous forme d’une classique auto flagellation « Notre Star travaille sans compter pour notre pays, pour son rayonnement, pour que tout le monde sache qu’ici, nous n’aimons pas les étrangers, que nous ligotons et expulsons les jeunes adultes, et les renvoyons dans leurs pays. Nous sommes xénophobes, et fiers de l’être ». Le problème est de savoir si les autres pays considèrent ou non la France comme le terreau du racisme, avec ses 15 millions d’ Afro-maghrébins colorant notre paysage, selon les dernières statistiques d'Azouz Begag. Aux dernières nouvelles, seule une famille sur les 4600 composant le gros des troupes du stade de Cachan a été expulsée du territoire nationale. Il s’agit d’immigrants d’Europe de l’Est, donnant finalement, raison à sieur Bothereau sur le fait que nous sommes vachement racistes, mais avec les blancs.
Kamarad Alibekov / PKK
BOTHEREAU Fabrice, « Il suffit de peu de choses pour ne pas être un délinquant. Il suffit d’avoir des papiers. Xénophobes et fiers de l'être », in Libération.fr, 31 août 2006.
10:35 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : azouz begag, clandestin, fabrice bothereau, libération



Commentaires
J'ai enfin eu le courage de lire ce brouet internationaliste (le "pouème" de fabrice). C'est affolant. On se demande bien ce qu'il cherche à défendre: la ruine de la France, ou simplement celle de la civilisation. C'est ce genre de propos qui remu le couteau dans la plaie, me rappelant ma courte période dans les rangs des amateurs de gros rouge et de petit jaune. Dieu merci! j'en suis revenu.
"Il y a soixante ans, la Police Nationale interpellait des Français devenus illégaux, des étrangers. Aujourd’hui, elle interpelle des individus non-Français. Elle fait son travail. Rien que de plus normal."
Est-ce étonnant que la police obeissent aux ordres quels qu'ils soient? Non, c'est même la condition nécessaire à un pays civilisé. La police, l'éxécutif en général, est là pour faire respecter la loi et l'ordre, à l'appréciation des dirigeants. Qu'il s'agisse d'arrêter les juifs, d'expulser les étrangers entrés illégalemenr sur le territoire, ou surveiller les écoles et éviter les débordement dans les manifs, la Police a le devoir et la responsabilité d'obéir, indépendament des opinions de ceux qui la composent et de ceux qui la contestent. Tiens, c'est vrai, on la rammenait moins quand on se fesait tabasser pendant les manifs contre le CPE, et que les CRS tardaient à intervenir, n'est-ce pas?
"Car, il faut le savoir, il y a, au sein même de notre peuple, des citoyens égarés, qui ont perdu toute envie de réussir, de s’en sortir ; qui ne peuvent pas imaginer l’existence autrement que sous forme d’assistanat. Ce n’est pas normal."
Merde! C'est vrai, je veux le droit d'être un parasite fainéant! Je réclame le droit d'être la sangsue goulue de ce travailleur, de profiter des fruits de son travail sans partager son labeur. C'est pourtant tout de même étonnant comme les mêmes qui dénnoncent les patrons, les boursiers et les rentiers, ces exploiteurs capitalistes qui sucent les travailleurs jusqu'à la moelle, leur laissant à peine de quoi vivre, sont bien moins prompt à remettre en cause l'illégimité des aides aux fainéants. On sait que la logique n'a jamais été le fort de la gauche.
"Aimons notre pays vieillissant qui a besoin de sécurité et d’ordre, un pays où un Français sur trois partage les idées du Front National, un pays où un ministre en exercice peut dire haut et fort que l’emploi doit privilégier les nationaux."
Vous rendez-vous compte, en démocratie, certaines personnes croient qu'elles ont REELLEMENT le droit de voter pour le parti qui représente le mieux leurs propres opinions? Pire, certains dinosaures croient encore que la terre de leurs ancêtres ne leur appartient pas moins qu'à d'autres. Les mêmes osent encore être sceptique quand au nouveau monde multi-ethnique qui se prépare: ils pensent que dans le monde, c'est eux la minorité qui doit se protéger.
Enfin, tout cela est su par toute personne ayant un minimum d'entendement, et je ne fait que répeter ce que le coeur du français souffle à son cerveau. Encore, le socialisme sous sa forme primitive, bien que nuisible, est facilement rattrapable, mais quand se grèffe dessus une tendance internationaliste, c'est que l'on marche au bord du gouffre. On se bat pour notre droit à être envahi. Cependant, les partisans de ces doctrines délirantes changeraient bien vite d'avis, abandonnés en plein milieu d'une ville musulmane intégriste, ou d'une "ville" d'Afrique, si jamais "on" leur laisse suffisament de temps pour avoir la moindre réflexion. Dans d'autres pays, l'étranger, c'est à la kalash qu'on l'acceuille.
(PS: j'ai mis en ligne une nouvelle note)
Ecrit par : madnumforce | 29.10.2006
C'est tres juste ce que vous dites madnumforce a propos de la legitimite que les gens d'extreme droite ont a voter pour qui leur plait. Certains a l'image de, vous l'avez devine, Pierre Perret, voudraient que l'on interdise ce parti sous pretexte "qu'il ne respecte pas la Liberte", AHAHA ! a mourir de rire. Encore un jugement moral qui a certainement pousse les etudiants pilotes par les enseignes de gOche, a manifester contre l'arrivee du Front National au deuxieme tour il y a 4 ans, alors qu'il a objectivement respecte le jeu democratique en mobilisant ses encartes.
Rien ne sert d'interdire ce qui a ete artificiellement cree depuis Mitterrand. Il fallait eviter le retour de la "bete immonde" en relayant la notion de responsabilite des minorites au lieu de les victimiser avec le support des epiciers de l'anti racisme.
PS : j'irai visiter votre site dans la journee.
Ecrit par : Kamarad Alibekov / PKK | 31.10.2006
Un qui va abonder dans votre sens , c'est le procureur , ou son substitut , de la région parisienne , qui vient de se faire tabasser " grave " par des gentils cpf (france-info vers 16H00) Je ris , oui , je ri-Gaule ...
Ecrit par : ronceveau | 31.10.2006
Cher Ronceveau,
C'est certainement par manque d'amour que les gentils CPF ont attaque en reunion le procureur ou son representant. Pour beaucoup de sociologues, la violence est un langage, a condition qu'il ne soit pas parle par les Francais de souche ; dans ce cas, la linguistique se transforme en anthropologie du conflit !
Ecrit par : Kamarad Alibekov / PKK | 01.11.2006